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2013-11-22T14:04:21+01:00

Mon histoire #2 Sous les coups, injures et pire encore

Publié par Sophie Desbasbleus

Je ne sais pas pourquoi, j'y ai pensé. Je ne sais pas pourquoi ça me trotte dans la tête. Je ne sais pas pourquoi ces souvenirs m'envahissent en ce moment mais je sais où je peux les déverser ...

Ici, c'est mon refuge. Il y a des choses que personne ne sait et ne saura jamais. Il y a des choses que je n'ai dites à personne et que je ne dirais jamais. Même mon Nanou ne le sais pas, je n'arrive pas à le dire. Je crois que je serais incapable d'en parler sans pleurer donc je n'en parle pas.

Mais vous, je ne vous connais pas. Vous ne me connaissez pas. Oui, vous pouvez me juger. Oui, vous pouvez penser ce que vous pensez mais je ne vous vois pas. Je ne vois pas votre regard, ce regard que j'imagine voir si j'en parlais.

Alors je vais parler ou plutôt écrire. Je ne promets pas un article construit, réfléchis. D'ailleurs je ne sais pas encore ce que je vais écrire. Mes doigts taperont des lettres dur le clavier guidés par ma tête, mon coeur. Pardon d'avance si c'est décousu...

Un jour, j'ai dit à Nanou :

- " Tu sais mon père pourrais être en prison si mes frères et moi le voulions !"

Comme je l'ai déjà dit, mon père est alcoolique. Il a l'alcool mauvais mais alors très mauvais. J'ai toujours vu mon père un verre à la main, toujours. Je déteste l'odeur du pastis ! Et comme l'alcool n'est pas sa seule drogue, mon père est aussi accro aux médocs. Pas le Doliprane, non des cachets pour dormir, des anti dépresseurs, des anti douleurs hyper fort.

Et pour avaler, le Pastis aide même s'il parait que le mélange n'est pas bon. Il craint "dégain" mon père comme il le dit si bien.

Quand mon père rentrait du boulot, il filait à la salle de bain et aussitôt l'apéro commençait. Ma maman et mes frères étions à table que lui n'avait pas fini. Il ne finissait jamais cet apéro ! Mon père ne prenait pas ces repas avec nous, jamais. Et quand il le fesait c'était une horreur pour nous.

En général, une fois le repas fini, nous allions nous coucher sans nous faire remarquer pour éviter les ennuis. Il y a des nuits où rien ne se passait, mais d'autre où...

Pour commencer, c'est ma mère que prenais et puis il nous réveillait... Enfin il nous levait.

Je nous revois, dans ce salon. Je nous entends encore crier, pleurer, supplier. Je sens encore les coups ! J'entends encore les insultes !

Je me souviens encore des rires que mon coquard avait déclenché dans la cour de l'école. C'est vrai c'était drôle d'entendre l'histoire : Une partie de billard avec mes frères. Il y avait des tonnes de détails dans cette histoire, je la racontait en souriant, en rigolant. Certains profs l'ont entendu cette histoire, ils m'ont même gentille-ment charriés.

Mais la vraie histoire est à gerber ! Ce coquard, c'est mon père qui me l'a fait.

Le pire dans tout ça, c'est que je ne suis pas la plus à plaindre. Mon frère lui, il a morfler ! Je ne sais toujours pas pourquoi c'était toujours pour sa pomme. Je ne sais pas ce qu'il fesait mal. Je ne sais pas pourquoi mon père n'étais jamais satisfait du moindre de ces gestes.

Je ne vais pas décrire les scènes de violences, les mots, les insultes, les humiliations... Je n'en vois pas l’intérêt.

Il y a cette phrase, qui une nuit m'a réveillée. Cette phrase qui me hante. Cette phrase qui encore aujourd'hui me fait mal :

- " Papa, t'es un pédophile !"

Ces mots sont ceux de mon frère. Je ne sais pas ce qu'il c'est passé dans cette chambre mais je crois savoir ... N'imaginez pas le pire, si nous n'avons rien dit c'est parce que ce n'est pas ce que vous croyez.

Et puis, à une heure plus que tardive, nous avions le droit d'aller nous recoucher... Dormir quelques heures avant d'aller à l'école.

Le lendemain, la crise était passée. Nous fessions comme si rien n'était. Comme si rien ne c'était passé et de toute façon mon père était tellement saoul et sous l'effet des médocs, qu'il n'en avait aucun souvenir.

Un jour, ma maman en a eu marre. Un jour nous sommes partis avec ma maman pour aller faire les courses.

Nous étions à la gendarmerie ! Ma mère a raconté son histoire, mes frères aussi, moi aussi. Ma mère a porté plainte contre mon père. La plainte a disparu ! Comme ça comme par magie.

Ce qu'il faut savoir, c'est que mon père est CRS ! Il a des copains gendarmes et d'ailleurs le commandant de la gendarmerie était un grand amis à lui .... pas à nous.

La seule trace que cette plainte ai laissé c'est que des assistants sociaux sont venus à la rencontre de mes frères et moi pour nous écouter. Ils sont allés chez mes parents pour mes frères et au lycée pour moi. Etre ensemble et vouloir être ensemble c'est plus fort que tout ... Nous avons chacun raconté une belle histoire.

Ces assistants sociaux, ont fait un rapport au juge des enfants. Nous lui avons raconté à lui aussi, une belle histoire et toujours avec un sourire sur le visage.

Mon père n'avait rien à craindre, nous avions trop peur d'être placé dans des foyer, d'être séparé, d'être loin de notre maman et surtout :

Nous avions HONTE !!!!

Encore aujourd'hui, j'ai honte, je me sens coupable, je me dis que si nous avions fait ou dit, que si ; si , si... Avec des "si" on coupe du bois !

Il a réussi, nous étions ces choses...

Mon histoire #2 Sous les coups, injures et pire encore

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commentaires

Pomdepin 23/11/2013 16:26

Les commentaires sont dérisoires après la lecture de ton post, mais je voulais quand même te dire que cela m'a beaucoup émue. Bon courage.

cathy ams 22/11/2013 21:14

♥♥♥ je veux juste dire ici et relever ton courage d'avoir ecrit ces mots
a toi et tes freres, ta maman...

lia 22/11/2013 18:59

je suis très touchée par ton écrit, et surtout très bouleverser,
j'espère que d'avoir écrit va t'aider à avancer, même si j'imagine que c'est très dur,
et sache que moi en tout cas je me permettrais pas de te juger
plein de bisous à toi et du courage

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